Demain
L’âge de mes veines, la santé qui s’enfuit
Me laissent percevoir le bout de mon chemin
Alors, il m’arrive, pour tuer mon ennui,
De songer au monde qui éclora demain.
Je laisse à ce moment mon esprit vagabond
Sur la feuille blanche, dessiner l’avenir,
Y semer doucement les fruits de ma raison,
Des idées, des objets, des choses à venir
L’homme jamais lassé de repousser plus loin
Les bornes du savoir et celles de l’audace
Phosphorera alors autant que de besoins
Afin d’apprivoiser la planète et l’espace
Les ans gommeront tout de nos années dorées,
Du mirifique iPhone aux immenses fusées.
Toutes ces merveilles bénies et adorées
Resteront à jamais des objets de musée.
L’humanité goulue, cupide et sans mesure
À l’étroit ici-bas ravira sans pudeur
Les douces planètes de Vénus à Mercure
Sûre d’y trouver quelques onces de bonheur.
Elle aura effacé de son vocabulaire
Ces mots terrifiants que l’on n’ose pas dire
La faim, le cancer, peut-être même la guerre
Si les vils tyrans renoncent à leur empire.
Nos fils enfanteront de grands êtres sans âme
Avec un corps d’acier et des gestes rapides.
Des gens dont on ne sait s’ils sont hommes ou femmes
Que l’académie baptise humanoïdes.
Des créatures qui ne sourient ni ne pleurent
Engraissées à l’IA comme on gave les oies
Capables du pire, mais aussi du meilleur
Pour bâtir une vie de douceur et de joie.
Ainsi, je vois demain joyeux et ridicule
Car l’homme confiera son besoin de bonheur
À des puces trapues dénuées de scrupule
Qui auront oublié qu’il est leur géniteur.
Alain Humbert
10 avril 2026
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