vendredi 10 avril 2026

Demain

 

                    Demain

 

L’âge de mes veines, la santé qui s’enfuit    

Me laissent percevoir le bout de mon chemin

Alors, il m’arrive, pour tuer mon ennui,

De songer au monde qui éclora demain.  

 

Je laisse à ce moment mon esprit vagabond

Sur la feuille blanche, dessiner l’avenir,

Y semer doucement les fruits de ma raison,

Des idées, des objets, des choses à venir          

 

L’homme jamais lassé de repousser plus loin  

Les bornes du savoir et celles de l’audace

Phosphorera alors autant que de besoins

Afin d’apprivoiser la planète et l’espace

 

Les ans gommeront tout de nos années dorées,

Du mirifique iPhone aux immenses fusées.

Toutes ces merveilles bénies et adorées

Resteront à jamais des objets de musée.

 

 

L’humanité goulue, cupide et sans mesure      

À l’étroit ici-bas ravira sans pudeur

Les douces planètes de Vénus à Mercure

Sûre d’y trouver quelques onces de bonheur.

 

Elle aura effacé de son vocabulaire

Ces mots terrifiants que l’on n’ose pas dire

La faim, le cancer, peut-être même la guerre

Si les vils tyrans renoncent à leur empire.  

 

Nos fils enfanteront de grands êtres sans âme

Avec un corps d’acier et des gestes rapides.

Des gens dont on ne sait s’ils sont hommes ou femmes

Que l’académie baptise humanoïdes.

 

Des créatures qui ne sourient ni ne pleurent

Engraissées à l’IA comme on gave les oies

Capables du pire, mais aussi du meilleur

Pour bâtir une vie de douceur et de joie.  

 

Ainsi, je vois demain joyeux et ridicule

 Car l’homme confiera son besoin de bonheur

À des puces trapues dénuées de scrupule     

Qui auront oublié qu’il est leur géniteur.

 

Alain Humbert

10 avril 2026

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire