La canicule
À l’aube de l’été, quand s’éveille la terre
Le ciel un peu trop las de l’audace de l’homme
Déversa sans compter de l’Adour à la Somme
Des rayons plus ardents que le feu de l’enfer
Le vent a rejeté aux confins des frontières
Les nuages de pluie, puis la chaleur torride
A tué les prairies rendant le sol aride
Et dur comme le roc sur des contrées entières.
La source du vallon ne laisse plus perler
Que de rares gouttes au meilleur de sa forme.
Partout dans la forêt, les sapins et les ormes
Si majestueux hier semblent se désoler.
Les merles ont perdu la gaieté dans leur chant
Et le rouge-gorge ne quitte plus son nid.
Les roses du jardin au seuil de l’agonie
N’osent plus regarder du côté du levant
On rêve de la neige, parfois de la pluie
Pour éteindre ce feu que Dieu a allumé.
Prières, suppliques et bénédicité
Sont pareils aux cailloux qu’on jette dans un puits.
Pas l’ombre d’un espoir devant ce ciel d’azur
Que dame nature retrouve la raison,
Oublie de folâtrer à la belle saison,
Pour ne plus jamais faire bondir le mercure
Alain Humbert
15 juillet 2026
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